Institut national de recherche scientifique français Univerité Pierre et Marie Curie Université Paris Diderot - Paris 7

Soutenance de thèse d’Arnaud Beck le 4 novembre 2008

"Simulation N-Corps d’un plasma"

Mardi 4 novembre 2008 à 10h30 dans la salle de conférence du bâtiment 9 (château)

Résumé

La simulation N-Corps d’un plasma consiste à calculer l’interaction coulombienne mutuelle entre N particules chargées. Nous avons adapté un algorithme N-Corps de type "code en arbre’’, utilisé avec succès dans le cas gravitationnel, pour la simulation de plasmas. Pour l’instant, nous avons trouvé deux champs d’applications pour lesquels cette technique est particulièrement bien adaptée.

Tout d’abord les problèmes d’expansion de plasma dans le vide. Ce genre de simulation fait coexister des densités d’ordres de grandeur très différents. Certaines zones peuvent avoir un comportement hydrodynamique pendant que d’autres sont peuplées de particules avec des trajectoires balistiques car trop énergétiques. Les protons, notamment, peuvent ainsi être accélérés à des vitesses requises pour la fusion. Ce type de problème, faisant intervenir une interface plasma-vide, est pratiquement impossible à étudier à l’aide des techniques de simulation courantes (e.g. codes MHD, Vlasov, Fokker-Planck, ...).

L’autre champ d’application est celui de la simulation des plasmas modérément ou fortement couplés qui concerne de nombreux plasmas de laboratoire, mais également des plasmas astrophysiques, tels, par exemple, la zone convective du Soleil. Dans les plasmas dits couplés, les collisions "binaires proches’’ entre charges ne peuvent pas être négligées. Or, les modèles numériques de type Fokker-Planck, très majoritairement utilisés pour simuler des plasmas faiblement collisionnels, n’en tiennent pas compte ce qui les rends inadéquats à ce type de plasma. La technique N-Corps, quant à elle, gère chaque particule individuellement et peut très bien décrire précisément les trajectoires de particules subissant ce genre de déviation violente.