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Naissance du Soleil et du Système Solaire


 


Grande nébuleuse d'Orion (M42)
pépinière d'étoiles
© Observatoire de la Côte d'Azur

Il y a environ 4,5 à 5 milliards d'années, à la place du système solaire se trouvait un nuage de gaz comme il y en a tant dans l'espace.

Une partie au moins de ce nuage provenait des restes de l'explosion d'une étoile (supernova) beaucoup plus ancienne qui, lors de l'éjection de ses couches les plus externes, avait enrichi l'espace en éléments chimiques lourds (plus lourds que l'hélium). Mais l'immense partie de ce nuage était formée d'hydrogène et d'un peu d'hélium.

Dans l'espace interstellaire, la principale force qui agit, même faiblement, est la gravité. Aussi, les atomes du nuage de gaz se sont attirés mutuellement les uns les autres. La matière ainsi accrétée a formé un nuage de plus en plus dense, attirant de façon de plus en plus efficace les particules avoisinantes. La partie centrale de cette nébulosité s'est trouvée soumise à la " poussée " des atomes extérieurs attirés vers l'intérieur. La densité et la pression du centre ont augmenté, provoquant un accroissement de la température.


Quand la température a atteint environ 10 millions de degrés, des réactions thermonucléaires se sont enclenchées (voir encadré). Celles-ci ont provoqué la fusion de l'hydrogène, quatre de ses atomes formant un atome d'hélium, en libérant de l'énergie. De la lumière est émise : le Soleil s'allume. Après un démarrage sporadique, il faudra attendre quelques millions d'années pour que les réactions thermonucléaires deviennent permanentes. Quand ce " flash " d'émission d'énergie s'est stabilisé, les couches les plus externes du gaz accrété ont été repoussées par le rayonnement émergeant de la nouvelle étoile.


Galaxie d'Andromède (M31)
riche d'une centaine
de milliards d'étoiles
© NASA

Les atomes les plus légers (hydrogène, hélium) vont être repoussés plus facilement que les atomes plus lourds. Une partie du gaz de la nébuleuse initiale non utilisé par notre nouveau Soleil, va à son tour être accrétée, formant les planètes (plus chargées en éléments lourds près du Soleil et en éléments légers loin du Soleil).

A mesure que les milliards d'années s'écoulent, notre nouveau Soleil tourne autour du centre de la Galaxie (en 250 millions d'années environ) et frôle (au sens astronomique) d'autres étoiles qui vont capter une partie du gaz restant qui s'effiloche peu à peu jusqu'à n'être quasiment plus qu'un souvenir.

Le système solaire est né.


 

 

Naissance du Soleil et du Système Solaire en Equations

 

Augmentation de la température au cœur de la nébuleuse primitive pendant son accrétion

Si on assimile le nuage d'hydrogène à un gaz parfait, on peut lui appliquer la loi de Boyle-Mariotte : est la pression, le volume, le nombre d'atomes impliqués, une constante et la température

Si l'on considère le cœur du nuage, le volume est constant et le nombre d'atomes impliqués également. Cependant, les atomes nouvellement accrétés " poussent " vers le centre et augmentent la pression. Puisque , et sont constants, si croît, alors croît également. La température au cœur du nuage augmente à mesure que de la matière est accrétée.

En réalité, une approche plus réaliste (en faisant l'hypothèse que le nuage de gaz est une sphère isotherme, de densité uniforme) consiste à appliquer le théorème du viriel (qui exprime que dans un système en équilibre, l'énergie cinétique et l'énergie potentielle sont liées par la relation : ). On établit alors que le nuage en contraction convertit la moitié de son énergie potentielle en énergie cinétique, alors que l'autre moitié est dissipée sous forme de rayonnement. On peut ainsi montrer que la température du nuage croît à mesure que son rayon diminue.

L'énergie cinétique s'écrit :

L'énergie potentielle s'écrit :

(c'est l'énergie gravitationnelle)

est la masse de gaz, la masse de l'atome d'hydrogène, la constante de Boltzmann, la température, la constante gravitationnelle et le rayon de la sphère de gaz.

En appliquant le théorème du viriel, on obtient :

Donc, si le rayon de la sphère de gaz décroît, la température croît.

 

Température nécessaire pour amorcer les réactions de fusion

Pour pouvoir fusionner les atomes d'hydrogène afin d'obtenir de l'hélium, il faut les rapprocher à une distance d'environ 10-12 m. Or ils se repoussent par la force coulombienne (les deux charges positives se repoussent) :

(où est la charge du proton [1,6×10-19 C], est la permittivité du vide [8,85×10-12 F/m], et la distance entre les charges). Pour qu'il y ait fusion, il faut donc que l'énergie thermique d'un atome (, où est la constante de Boltzmann [1,38×10-23 J/K] et la température) soit supérieure à l'énergie potentielle () à une distance interatomique de 10-12 m, soit :

, soit  > 107 K

 

Dernière mise à jour le 14 janvier 2000.