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Les
étoiles sont un des constituants principaux de l'Univers
; elles sont une des sources d'information majeure le concernant. Il est
donc essentiel de les étudier si l'on veut comprendre l'Univers. Pour s'en
persuader, il suffit de se rappeler que c'est dans le coeur des étoiles,
et là seulement, que se forment quasiment tous les éléments chimiques, autres
que l'Hydrogène et l'Hélium, qui constituent l'Univers.
Presque
tous les domaines de l'Astrophysique s'appuient sur les "résultats" de la
théorie de l'évolution stellaire, par exemple pour connaître l'âge des amas
globulaires, qui nous donne une indication incontournable sur l'âge de
l'Univers, ou pour calibrer les estimateurs de distance dans l'Univers,
ou encore pour comprendre l'origine des éléments chimiques, ou l'histoire
passée du Soleil et du système solaire.
La
physique de l'intérieur des étoiles reste mal connue, contrairement à une
idée assez répandue, et cette mauvaise connaissance se traduit par de graves
incertitudes d'abord sur la modélisation de la structure interne et de l'évolution
des étoiles, mais aussi évidemment dans tous les domaines de l'Astrophysique
qui utilisent ses résultats.
Parmi
les différents ingrédients de physique nécessaire à la construction d'un
modèle d'étoile, on trouve d'abord de la physique microscopique: les taux
de réactions nucléaires, les opacités, l'équation d'état, dans des conditions
physiques
tres diverses et tres eloignees de celles realisables en laboratoire.
Mais
le coeur de la modélisation s'appuie sur des hypothèses concernant la dynamique
des fluides, les processus de transport, et en particulier la convection,
mais aussi la circulation méridienne induite par la rotation, le transport
par ondes, le développement d'instabilités produisant des régimes turbulents.
Si la physique microscopique a fait de grands progrès récemment, il n'en
est pas de même de l'hydrodynamique non-linéaire qui est encore dans l'enfance.
Et pourtant ces phénomènes, en transportant les élément chimiques et le
moment angulaire, en modifiant la répartition d'entropie, affectent directement
l'évolution, modifient les quantités de matière brûlée dans les coeurs,
la durée de vie des étoiles, la composition chimique de la matière éjectée,
le mode d'enrichissement de l'espace interstellaire en éléments lourds,
etc.
Cette
méconnaissance pénalise donc la plupart des prédictions. L'âge des plus
vieux amas globulaires, contenant les plus vieilles étoiles de l'Univers,
n'est connu qu'à un facteur 2 près, entre 11 et 21 milliards d'années (Chaboyer
1995).
La
raison principale de cette situation, outre la difficulté intrinsèque
des problèmes d'hydrodynamique, est que nous manquons de tests
observationnels pour contraindre notre représentation de ces phénomènes
de physique fondamentale.
Ainsi,
un modèle d'intérieur stellaire "standard" de type solaire requiert
la connaissance d'au minimum 5 paramètres: il y en a 4 qui sont intrinsèques,
masse, âge, composition chimique initiale (Y et Z), et un qui représente
notre ignorance de la convection même en supposant parfaitement connus les
ingrédients de base de la théorie, la longueur de mélange L, représentée
en général par le coefficient a = L /Hp, où Hp est l'échelle de hauteur
de pression. Et ce modèle ignore la rotation et les paramètres correspondants
aux processus de transport associés.
Or,
on ne dispose en général que de 2 observables, qui sont la température
effective et la luminosité, pour les étoiles dont on connaît bien la distance
et pour lesquelles on a réussi à faire correctement une correction bolométrique.
Pour les étoiles suffisamment brillantes et qui ne tournent pas trop vite,
l'analyse détaillée du spectre électromagnétique, couplée à la théorie
des atmosphères permet de déterminer certaines abondances de surface et
d'estimer la gravité de surface. Quelques systèmes doubles (binaires visuelles,
binaires spectroscopiques ou à éclipses) permettent de connaître quelques
masses et quelques rayons. De plus, ces observables auxquelles nous avons
accès sont des observables de surface, et ne dépendent que très peu des
détails de la structure interne des étoiles. La théorie de la structure
interne et de l'évolution des étoiles n'est donc pas suffisamment contrainte
par les observables classiques.
L'héliosismologie
a montré la voie.
Elle apporte des contraintes extrèmes à la structure interne du Soleil
et ne cesse de contredire les modèles, en fournissant des mesures de la
rotation interne du soleil défiant toute explication, en mesurant précisément
la taille de la zone convective externe et la structure des couches extérieures.
Mais,
selon leur masse et leur age, les étoiles ont des structures bien différentes,
correspondant à des processus physiques aussi très différents. Le Soleil
est une étoile moyenne, ni très jeune, ni très vieille, ni très massive,
ni peu massive. Pour comprendre l'évolution stellaire dans son
ensemble et ses conséquences sur notre Univers, il est nécessaire
de balayer un grand spectre d'états stellaires très différents.
Comme on le verra par la suite, COROT va fournir un grand nombre d'observables sur un nombre raisonnable d'étoiles, permettant de tester beaucoup plus finement la modélisation de l'évolution stellaire, et donnant ainsi accès à des mesures contraignant directement les processus hydrodynamiques les plus importants dans les intérieurs stellaires : la convection et plus généralement l'ensemble des processus de mélange, la rotation et le transport de moment angulaire, la taille de la zone d'ionisation de l'Hélium, et l'efficacité des processus de diffusion microscopique. La
sismologie est l'outil idéal pour "voir l'intérieur" des étoiles. Il s'agit
de détecter et de mesurer les caractéristiques des modes propres d'oscillation
des étoiles, et d'utiliser leurs propriétés pour comprendre la structure
de leur intérieur, comme on le fait déjà depuis longtemps pour la Terre
ou la Lune.
La
théorie est donc assez bien connue. Elle bénéficie des développements déjà
anciens en Géophysique. Elle repose sur de la mécanique et de la thermodynamique
en général classique, (sauf dans quelques cas).
Elle
permet en principe de retrouver la structure de l'objet en interprétant
son spectre de fréquences, donc de sonder directement les détails de sa
structure interne.
En
ce qui concerne les étoiles, c'est le seul moyen existant actuellement
pour ce faire.
Les
oscillations stellaires sont des ondes acoustiques ou de gravité,
qui se propagent à travers l'étoile. Ce sont les modes propres de
l'objet en équilibre, sphère de gaz autogravitante, éventuellement
en rotation.
Figure I.2 : Représentation d'un mode d'oscillation par ses rayons, lignes perpendiculaires aux surfaces d'onde. Dans un modèle d'étoile de type solaire, ces deux exemples représentent des modes de pression de différentes valeurs de l. La
structure de chaque mode peut se représenter comme le produit
d'une fonction purement radiale et d'une harmonique sphérique
prenant en compte sa structure horizontale.
Si
x est le déplacement subi par un élément de fluide lors de l'oscillation,
on écrit :
xnlm(r,q ,f ,t) = Knlm(r) Ylm(q ,f ) exp(2ip nnlmt) (1) La
fonction radiale K(r),appelée le noyau du mode, présente un
nombre n de noeuds à travers l'étoile. Ce nombre n est appelé
ordre radial du mode. Les 2 autres nombres caractérisent la
structure horizontale du mode: le degré l et l'ordre azimutal
m.
FIgure I.3 : Structure horizontale de modes
de bas degré, caractérisés
par des harmoniques sphériques ; (a) l=2, m=2, (b) l=3, m=6.
La
structure horizontale des modes est schématisée sur la Figure I.3. Dans
la première phase de l'oscillation les régions claires se contractent vers
le centre de l'étoile et deviennent plus chaudes, et les régions foncées,
au contraire, se dilatent et se refroidissent ; dans la deuxième phase c'est
le contraire. On verra plus loin que dans les étoiles de type solaire, ce
sont essentiellement les modes de très bas degré (a) qui seront observables,
alors que dans les étoiles plus chaudes, on espère aussi voir des modes
de degré intermédiaire comme (b).
La
pondération des différentes régions varie avec l'ordre radial n et le degré
l, et si l'on dispose d'une mesure précise des fréquences pour toute une
variété de modes, il est possible "d'inverser" cette information et de déduire
la structure détaillée de l'intérieur stellaire. Bien entendu, cette procédure
sera d'autant plus précise que les fréquences des modes seront mesurées
avec plus de précision.
Figure I.4 : K(r) pour différents modes, (normalisée
à r r1/2) montrant la grande diversité des comportements
Notons
tout de suite le comportement en fonction du degré l. Les modes de "haut
degré" (grandes valeurs de l) sont confinés près de la surface de l'étoile,
tandis que les modes de "bas degré" (l petit) se propagent à travers presque
toute l'étoile et K(r) prend des valeurs importantes jusque dans les régions
centrales. Pour des raisons de géométrie ce sont seulement ces modes de
bas degré qui seront observables dans les étoiles. Heureusement, ce sont
eux qui portent l'essentiel de l'information sur les régions proches du
coeur, cruciales pour l'évolution.
La
fréquence nnlm d'un mode dépend donc des nombres quantiques
caractérisant le mode (nlm). Cependant, pour une étoile à symétrie sphérique,
cette fréquence ne dépend pas de m mais seulement de l et n. Tout écart
à la symétrie sphérique, par exemple la rotation, entraîne une levée de
cette dégénérescence, et les fréquences des modes dépendent alors de m
également.
Les
forces de rappel de l'oscillateur sont la pression, la gravité et
la force de Coriolis,si l'objet tourne. Selon le type de mode, l'un
de ces deux processus prédomine. A haute fréquence les modes sont
analogues à des ondes sonores, dominés par la pression : on les
appelle "modes de pression" ou modes p ; à plus basse fréquence
c'est la gravité qui l'emporte: on appelle ces modes les "modes
de gravité" ou modes g. Lorsque la structure de l'étoile est complexe,
en particulier lorsqu'il existe un coeur convectif, certains modes
de fréquence intermédiaire ont une double nature: on les appelle
les "modes mixtes". La force de Coriolis produit un troisième type
de modes, les modes toroïdaux. Deux
situations sont connues actuellement.
*
Les étoiles de type solaire, avec leur zone convective extérieure, ont
des modes excités par les mouvements stochastiques de cette zone, dans le
domaine des hautes fréquences (quelques minutes). Ce sont les modes actuellement
observés dans le Soleil ; les amplitudes sont de quelques ppm et la durée
de vie de quelques jours.
Mais
la théorie de cette excitation reste rudimentaire pour les étoiles autres
que le Soleil, et les amplitudes et les durées de vie de ces modes sont
mal connues. Les seules prédictions dont on dispose actuellement reposent
sur des estimations théoriques assez grossières, extrapolées à partir du
Soleil (Christensen-Dalsgaard and Frandsen 1983, Houdek 1995).
*
Les étoiles plus chaudes, du voisinage de la séquence principale, comme
les delta Scuti, ont une source d'auto-excitation des modes de bas degré,
dans la zone d'ionisation de l'hydrogène et de l'hélium. La théorie prédit
de nombreux modes instables. Les amplitudes de quelques modes sont si grandes
qu'on les détecte depuis le sol, mais avec une grande diversité de situations
totalement incomprise. Ainsi on ne sait pas comment les modes sont sélectionnés.
Le seuil de détection élevé des observations sol ne permet de détecter que
quelques modes (5 à 10 en général) et est insuffisant pour construire la
théorie correspondante. Abaisser le seuil de détection, devrait permettre
de découvrir des modes de plus faible amplitude. La connaissances de la
structure globale du spectre de fréquence fournirait des indications précieuses
sur les processus de sélection des modes.
La
figure I.5 décrit ces prédictions. Elle
fait apparaître les deux régions, associées aux deux mécanismes d'excitation.
Dans la partie chaude, seul le nombre de modes naturellement instables est indiqué. Dans la région des étoiles de type solaire, les prédictions d'amplitude des modes p sont représentées, allant de quelques ppm pour le Soleil, à plusieurs dizaines pour les étoiles F. On
verra plus loin que le programme exploratoire aura pour objectif de tester
ces prédictions en observant un échantillon d'étoiles dans les différentes
régions de ce diagramme.
Le
programme central portera sur les étoiles F, dont la structure interne est
telle qu'elles permettent d'étudier les processus hydrodynamique fondamentaux
dans l'évolution stellaire.
L'absence
de résolution spatiale sur le disque stellaire limite le nombre de
modes observables. En effet, lorsque le degré du mode augmente sa
structure spatiale devient plus complexe, et les variations de l'intensité
intégrée sur le disque stellaire, engendrée par les oscillations sont
très faibles (Toutain et al. 1994). Seuls les modes de plus bas degré
sont donc détectables ; le degré maximum des modes observables dépend
aussi de leur amplitude, et légèrement de la technique employée. On
peut distinguer jusqu'à environ 30 modes dans ce spectre, et c'est
ce qu'on s'attend à observer avec COROT pour d'autres étoiles que
le Soleil.
Les pics correspondent aux modes de degré l = 0, 1, 2, et n compris entre 16 et 26 . On y reconnaît une structure basée sur deux "séparations". La grande séparation D, entre les modes de même degré l, et d'ordre radial différent, et la petite séparation d entre le mode (n, 0) et le mode (n-1, 2), conformément aux prédictions de la théorie asymptotique. A haute fréquence (grands n) la fréquence des modes est donnée par nnl = n0 (n + l/2 - A(l +1/2)2 +e) (2) où A est une grandeur ne dépendant que des modèles. La grande séparation D = nnl-n (n-1)l ~ n 0 = dépend du temps de transit du mode à travers l'étoile, donc de la taille "acoustique" de l'étoile M/R3 (où M est la masse totale et R le rayon de l'étoile). La petite séparation, d '='n nl-n(n-1)(l+2) = A (l+1/2)2 par contre est très sensible aux détails de la structure près du centre, en particulier à sa composition chimique, donc à l'âge de l'étoile. Pour les planètes géantes, la situation est un peu moins favorable, puisqu'on n'observe que la lumière réfléchie du Soleil sur la surface de la planète. Comme (malheureusement) nous ne pourrons pas quitter le plan de l'eccliptique, nous observons dans la direction perpendiculaire à l?axe de rotation des planètes géantes. Dans cette configuration, le degré de visibilité des modes l = 1, m = ± 1 est de l?ordre de 6%; le mode l = 1, m = 0 est invisible. Figure I.5 : Prédictions des amplitudes des modes de pression excités stochastiquement par la zone convective extérieure d'après Houdek 1995, (code de couleur dans encadré de gauche) et du nombre de modes instables dans la région des d Scuti (encadré de droite). Figure
I.6 : Le spectre de puissance
du Soleil, observé par l'expérience IPHIR, qui observait le disque intégré,
en photométrie, pendant 161 jours continuement. On y voit nettement la structure
régulière et les deux séparations D et d . (Toutain et Fröhlich 1992)
L'astérosismologie nécessite d'observer les variations temporelles d'une grandeur affectée par les oscillations stellaires, avec une très grande précision, à la fois sur les fréquences caractéristiques de ces variations et sur leurs amplitudes. Nous développerons plus précisément ce point ultérieurement.Notons ici cependant que la précision s sur la mesure des fréquences d'oscillation est fonction d'une part du temps total T d'observation (résolution en fréquence dans l'espace de Fourier) et d'autre part du rapport signal sur bruit S/B atteint dans le spectre de puissance. On peut montrer que cette précision est donnée par (Libbrecht 1992) : où Dn est la largeur intrinsèque du mode, et b = (S/B)-1 est l'inverse du rapport signal-sur-bruit dans le spectre de puissance des oscillations. La figure I.7 montre la précision attendue sur la mesure des fréquences en fonction du rapport signal-sur-bruit et de la durée totale d'observation, pour une largeur intrinsèque Dn de 1 µHz, valeur typique pour le Soleil. Il existe deux grandes classes de méthodes pour observer les oscillations stellaires : la photométrie et la spectroscopie. Figure I.7 : Précision sur la mesure des fréquences dans le spectre de Fourier, en fonction du rapport signal sur bruit et de la durée d'observation ; d'après Libbrecht (1992) En
photométrie, l'amplitude des oscillations pour les étoiles de type solaire
est de l'ordre de 2 à 3 ppm, alors qu'elle est de l'ordre de 10 cm/s en
décalage Doppler (spectroscopie). D'après la fig. I.7, on constate que pour
obtenir S/B ~ 15 dans le spectre de puissance est nécessaire pour obtenir
une précision correcte sur la mesure des fréquences.
On devra donc atteindre un niveau de bruit inférieur à 0.6 ppm en photométrie ou inférieur à 2.5 cm/s en spectroscopie, ce niveau de bruit permettant la détection et la mesure d'un nombre significatif de modes. La durée de vie typique des modes solaires est de l'ordre de 5 jours. Les niveaux de bruit mentionnés ci-dessus doivent donc être obtenus en 5 jours. Le gain associé à des poses plus longues sera faible en ce qui concerne le rapport signal-sur-bruit dans le spectre de puissance, variant à peu près comme T1/4 (Fossat 1984). Par contre, des durées totales d'observation supérieures à 5 jours seront quand même nécessaires pour augmenter la précision sur la mesure des fréquences des modes d'oscillation. Nous verrons que les objectifs scientifiques choisis pour COROT, demandent typiquement d'observer pendant 150 jours avec un seuil de détection de 0.6 ppm en 5 jours.
On
peut montrer qu'aux fréquences inférieures à 10 Hz, les mesures photométriques
obtenues depuis le sol sont limitées par le bruit de scintillation, lequel
peut s'exprimer comme (Gilliland & Brown 1992):
Le meilleur résultat à ce jour est celui de Brown et al. (1991). Avec un télescope de 2.1 m et un spectrographe très performant, ils obtiennent sur Arcturus (mV = 0) un écart-type de 110 cm/s pour un temps de pose élémentaire de 1min, avec une couverture spectrale de 55 nm. Ceci conduirait en principe à un niveau de bruit de 1.3 cm/s en 5 jours d'observation continue sur cette même étoile. En augmentant d'un facteur 4 la couverture spectrale du spectrographe, c'est un niveau de bruit de 0.65 cm/s qu'on obtiendrait. Le niveau de bruit requis de 2.5 cm/s serait alors atteint en 5 jours d'observation continue jusqu'à la magnitude 3 environ. Avec un réseau de télescopes de 8 m et en supposant l'existence de spectrographes aussi performants, on obtiendrait un niveau de bruit de 0.17 cm/s sur une étoile de mV = 0. Dans ces conditions, on pourrait conclure que le niveau de bruit de 2.5 cm/s pourrait être atteint avec ce réseau de télescopes de 8 m en 5 jours d'observation continue jusqu'à la magnitude mV = 6 environ, ce qui correspond à des performances analogues à celles de COROT. Notons cependant que 8 sites équipés de télescopes de 8m seraient nécessaires pour assurer cette couverture continue. Se poseraient alors des problèmes de raccordement des données en provenance des différents sites, et en provenance de nuits différentes sur un même site. Nous ne savons pas résoudre ces problèmes aujourd'hui, au niveau de précision requis pour l'observation des oscillations en spectroscopie. Remarquons enfin que la contrainte liée au mouvement apparent du Soleil, qui produit une dérive du passage au méridien de 2 heures par mois, s'applique aussi à la spectroscopie, et limite de même la durée de la couverture continue d'un réseau multisites. En conclusion, l'observation des oscillations de type solaire depuis le sol en spectroscopie serait limitée à des durées de 1 mois, à la magnitude 3, pour un réseau de télescopes de 2 m, et à la magnitude 5 pour un réseau de télescopes de 8 m. Des problèmes insolubles à ce jour, de raccordement des données, se poseraient alors. De plus cette technique est limitée à des étoiles en rotation lente, impropres à la problématique de COROT.
Table
I
Donc,
même si les problèmes de stabilité des spectrographes et de raccordement
des données peuvent être résolus dans le futur,
Les observations en continu depuis le sol resteront limitées à des durées de 1 mois au maximum, sur des étoiles très brillantes tournant lentement. La résolution en fréquence sera donc beaucoup trop faible pour tirer partie des structures fines du spectre, et l'échantillonnage des différents types d'étoiles sera impossible. La
sismologie stellaire doit donc se développer dans l'espace.
C'est un domaine nouveau pour le spatial, pour lequel ce sont les propriétés de stabilité de l'environnement spatial que l'on exploite, ainsi que la possibilité de faire des mesures en continu pendant de longues périodes. Il ne s'agit pas d'ouvrir une nouvelle fenêtre de longueur d'onde, mais de faire depuis l'espace des mesures avec une précision, une stabilité et une durée ininterrompue inatteignables depuis le sol. |
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