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La
Spectroscopie
Presque toutes les planètes connues ont été découvertes
par spectroscopie, c'est-à-dire l'analyse de la lumière émise
par sa décomposition en ses différentes longueurs d'onde,
ou couleurs, au moyen d'un élément dispersif de type prisme
ou réseau. S'il n'est pas possible d'observer directement la planète
en raison de sa très faible luminosité, on peut en revanche
observer la perturbation qu'elle induit sur le mouvement de l'étoile.
Le couple étoile-planète étant en rotation autour de
son centre de masse, l'étoile s'approche et s'éloigne alternativement
de l'observateur : la vitesse de l'étoile projetée sur la ligne
de visée (la vitesse radiale) est une fonction périodique du
temps dont la période est égale à la période de
révolution de la planète. Ce mouvement orbital se traduit par
un mouvement périodique des raies du spectre de l'étoile (effet
Doppler-Fizeau) qui peut être mesuré avec une très grande précision
grâce aux instruments actuels. C'est cette méthode qui fut employée
pour la détection de 51 Pegasi.
Les
Transits
Si le plan de l'orbite de la planète est quasiment aligné avec
la ligne de visée de l'observateur, la planète passe devant
le disque de l'étoile à chaque révolution. Il en résulte
une occulation partielle de l'étoile et donc une baisse apparente
de son éclat pendant quelques heures, et ce de manière périodique.
Ce phénomène d'occultation partielle, appelé transit,
peut-être utilisé pour déduire indirectement la présence
d'un compagnon planétaire.
En 1999, cette méthode fut employée pour la première
fois avec succès par une équipe américaine depuis le
sol. L'étoile observée, HD209458, était connue pour
posséder une planète de type Pégaside. La hasard a fait
que l'inclinaison de son plan orbital donne lieu à des transits visibles
depuis la Terre. Du fait que la baisse d'éclat est dans le rapport
de la surface de la planète à celle de l'étoile, on en
déduit le rayon de la planète. Avec la masse déterminée
par vélocimétrie radiale, on en calcule la densité. Dans
le cas du compagnon de HD209458, on a pu montrer qu'il s'agissait d'une planète
géante gazeuse, de masse et de taille comparable à celles de
Jupiter. Cette observation marqua une étape importante car elle confirmait
de manière indépendante la première détection,
levant tout doute sur la validité de la méthode spectroscopique.
En 2000, le Télescope Spatial fut pointé vers cette étoile
et enregistra des données d'une époustouflante qualité
: dans un premier temps, il fut possible d'affirmer l'absence de satellite
massif ou d'anneau important autour de la planète ; dans un deuxième
temps, une analyse soigneuse des observations révéla la présence
de sodium atomique dans l'atmosphère de la planète !
Avec
cette méthode, il est possible de détecter depuis l'espace des
planètes de tailles comparables à celle de la Terre. C'est l'un
des deux objectifs de la mission COROT
à laquelle participe activement le LESIA. Grâce à l'observation
d'un grand nombre d'étoiles, COROT augmentera significativement notre
connaissance de la fréquence des systèmes planétaires
en général, des différents types de planètes (géantes
gazeuses ou glacées, telluriques...) en particulier. En ce sens, COROT
et ses successeurs (Eddington, Kepler) sont aussi des précurseurs de
missions encore plus ambitieuses, comme Darwin dont l'objectif est l'analyse
spectroscopique de planètes de type terrestre. On voit que des éléments
de réponse sont progressivement donnés aux problématiques
astrophysiques et bioastronomiques.
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