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Intérêt
de l'interférométrie
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La difficulté de la détection
directe des planètes extrasolaires est liée d'abord à
la faiblesse de leur éclat vis- à-vis
de celui de leur étoile.
Dans le domaine visible, ces planètes réfléchissent
une partie de la lumière qu'elles reçoivent de leur étoile.
Elles émettent aussi une lumière propre qui, compte-tenu de
leur température, se trouve essentiellement dans l'infrarouge. L'émission
infrarouge est d'autant plus intense que les planètes sont proches
de leur étoile et donc chaudes. Cependant, même
les planètes les plus chaudes comme 51 Pegasi b, restent
de l'ordre de 10 000 fois plus faibles que leur étoile en infrarouge.
En même temps, plus la
planète est proche de son étoile et plus elle est difficile
à distinguer de cette dernière à la distance d'un observateur
terrestre. Séparer l'une de l'autre
- on dit résoudre le système - nécessite l'utilisation
d'un instrument avec un fort pouvoir séparateur ou résolution
angulaire.
1 .
La résolution angulaire théorique
d'un télescope est donnée par le rapport entre la longueur d'onde
et le diamètre du miroir primaire du télescope.
Par
exemple, un télescope de 10 m dans le proche infrarouge (2,2 µm)
a une résolution théorique de 45 millisecondes d'angle (mas).
C'est insuffisant pour résoudre le système de 51 Pegasi dont
la séparation est de l'ordre de 3 millisecondes d'angle.
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Résolution angulaire
dun télescope
R
= /D
~45 mas
diamètre
D = 10 m , longueur d'onde
= 2,2 µm
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2 . Un interféromètre à deux télescopes
possède une résolution angulaire égale au rapport entre
la longueur d'onde et l'écartement entre les deux télescopes.
Il faut un écartement - on dit "une
base" - de 150 m pour atteindre une résolution angulaire suffisante
pour résoudre le système étoile-planète
dans le proche infrarouge
Résolution
angulaire d'un interféromètre
R
= /B
~3
mas
base
B = 150 m , longueur
d'onde
= 2,2 µm
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base B
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Vu depuis la Terre à 50 années-lumière
(d), le rayon de l'orbite de 51 Pegasi b, 0,05 UA (a), se transforme en une
séparation angulaire de 3 mas ( ).
Séparation
angulaire 
=
a/d
= (0,05 UA)/(50 al) = 3 mas
UA
= Unité Astronomique = distance Terre Soleil
= 150 millions de km
al = année-lumière
= 9500 milliards de km
mas = milliseconde d'angle
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Ce
que "voit" un interféromètre
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Un interféromètre constitué
de seulement deux télescopes ne forme pas d'image. Son fonctionnement
est assez différent d'un télescope classique. Pour chaque position
du couple de télescopes, le contraste des franges d'interférence
donne accès à la mesure d'un point de la transformée
de Fourier à deux dimensions (TF) de l'image classique de l'objet étudié
(la transformée de Fourier est une transformation mathématique
qui met en évidence les différentes échelles spatiales
de l'image).
Avec seulement deux télescopes, il n'est pas raisonnable en pratique
de reconstituer une image.
En revanche, avec un bon a priori sur ce que l'on regarde, par exemple sachant
que l'objet visé est une étoile seule ou une étoile suspectée
d'avoir un compagnon, on peut déduire des informations quantitatives
des mesures.
Notons
V la TF de l'image, et (u,v) les coordonnées d'un point
dans le plan de Fourier.
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Pour une étoile seule, V est la figure d'Airy bien connue.
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Pour une étoile double, l'intérieur de la figure d'Airy
est modulée (présence de franges).
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La modulation à l'intérieur de la figure d'Airy est la signature
d'un compagnon. Plus ce dernier est faible par rapport à l'étoile
principale, plus la signature est estompée. Les
systèmes étoile-planète requièrent une haute précision.

Sur quelques mesures isolées, il est
impossible de détecter la modulation cherchée.
En revanche, si on s'intéresse à des étoiles autour desquelles
on a déjà détecté une planète par spectroscopie
des vitesses radiales, la position de la planète
sur son orbite peut être déterminée à une date
donnée avec une très grande précision. C'est ce qu'on
appelle une éphéméride.
La connaissance de l'éphéméride permet de recaler précisément
toutes les observations interférométriques. Un traitement efficace
peut alors être appliqué aux mesures pour en déduire la
forme de l'orbite et sa position dans l'espace, ainsi que l'éclat de
la planète.
On utilise l'éphéméride
=
(t) obtenue par vélocimétrie radiale pour
phaser les mesures interférométriques.
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