Le
LESIA est actuellement impliqué dans l'étude et la réalisation
d'un coronographe à haute dynamique pour l'instrument moyen-IR du
JWST (James Webb Space Telescope)
précédemment nommé NGST (New Generation Space Telescope).
L'objectif de ce coronographe est la détection d'exoplanètes
joviennes autour des étoiles les plus proches (d<50pc).
1. Caractéristiques du JWST
Le JWST, destiné à remplacer le HST, est un télescope
spatial déployable constitué d'un miroir primaire de 6m de
diamètre. Son lancement est prévu pour fin 2010 et il sera
situé au point de Lagrange L2 du système Soleil-Terre. L'ensemble
des instruments embarqués couvrira un très large domaine spectral
s'étendant du visible (0.6micron) à l'infrarouge moyen (28microns).
Le télescope sera limité par la diffraction à la longueur
d'onde nominale de 2microns.

Vue
d'artiste du concept JWST par TRW comprenant un miroir
à 36 pétales hexagonales et un large panneau solaire.
2.
L'instrument MIRI
L'instrument moyen IR (MIRI) est développé à travers
un partenariat entre la NASA fournissant les détecteurs et un consortium
européen qui étudie plus particulièrement l'imageur
et le spectrographe. L'équipe française dirigée par
P.O. Lagage (CEA/Saclay) est chargée de l'étude optique
et mécanique du module imageur. L'étude de phase A s'est
terminée en Septembre 2002. Si l'instrument est approuvé,
la phase B débutera en 2003.

Design
opto-mécanique de l'instrument MIRI/imageur
3.
Le coronographe de MIRI
Les masques coronographiques se situeront au plan focal du JWST à
l'entrée de l'instrument MIRI. Ils sont composés de 3 masques
de Lyot fonctionnant à 10, 15 et 23microns avec une résolution
spectrale de 3 à 5 et seront dédiés à l'étude
des objets relativement faibles comme les disques circumstellaires ou
les Noyaux Actifs de Galaxies. Des masques de phase sont également
prévus pour la recherche de planètes extrasolaires aux longeurs
d'ondes 5, 10 et 17microns pour une résolution spectrale de 10
à 20. Pour éliminer la diffraction résiduelle après
les masques coronographiques il faut également introduire des diaphragmes
adaptés dans la roue à filtre se situant dans le plan pupille.

Schéma
optique de l'instrument MIRI avec l'implémentation des masques de
Lyot et de phase au plan focal ainsi que les diaphragmes associés
dans la roue à filtre au plan pupille.
4.
Simulations Numériques
Nous avons également développé des simulations numériques
pour évaluer les performances des différents coronographes
de façon à en déduire les types de planètes
détectables avec MIRI. Pour cela, nous avons considéré
la forme du miroir du JWST proposée par TRW ainsi que plusieurs
types de défauts de phase comme : le piston et tip/tilt résiduels
de chaque pétale du miroir primaire, les défauts de surface
à hautes fréquences spatiales (similaires au HST), et le
jitter résiduel correspondant à un basculement global du
front d'onde.

a/ pupille
du concept TRW ; b/ diaphragme optimisé pour le masque de phase ;
c/ diaphragme optimisé pour le masque de Lyot; d/ jitter résiduel
; e/ défauts de surface haute-fréquence; f/ résidu
de cophasage entre les pétales du miroir primaire.
Cette
première étape nous renseigne sur le résidu de lumière
stellaire sur le détecteur. Pour évaluer ensuite le seuil
de détection des planètes extrasolaires, nous avons ajouté
à cette simulation des modèles de planètes donnant
la température effective en fonction de l'age et de la masse. Nous
avons sélectionné 2 types de planètes extrasolaires
:
-
Les planètes jeunes (50 millions d'années) situées
dans l'amas le plus proche (TW Hya) à 50pc, en considérant
des masses de 1, 5 et 10 fois la masse de Jupiter.
- Les planètes vieilles (5 milliards d'années) situées
à 10pc, avec des masses de 1, 5 et 10 MJ.
A
l'issue des simulations, nous avons conclu que les planètes vieilles
étaient potentiellement détectables à 20microns jusqu'à
1MJ, et les jeunes à plus courtes longueurs d'ondes (6microns) également
jusqu'à 1MJ.
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Résultat
de simulation numérique montrant le contraste obtenu à 3s
pour le coronographe de Lyot et le coronographe de phase. Les planètes
de type Jupiter semblent détectables jusqu'à 1MJ pour une
étoile de type M2V située à 10pc. La simulation inclut
des défauts de phase entre les pétales du miroir de 30nm rms,
des défauts de surface de 130nm rms et un jitter résiduel
de 8mas rms.
5.
Bancs de Tests du Coronographe de MIRI
Trois
bancs de tests successifs seront réalisés pour valider et
qualifier les principes optiques du masque de phase à quatre quadrants.
Banc visible Calendrier : ce banc est d'ores et déjà
fonctionnel.
Ce banc a été monté pour valider rapidement et simplement
les principes de base du système optique. Un masque de phase à
quatre quadrants utilisé à 0.64 microns a permis d'atteindre
un taux de nulling d'environ 45000.
Banc proche infrarouge Calendrier : décembre
2002.
Ce banc équivalent au précédent mais utilisant un
masque de phase quatre quadrants optimisé pour la longueur d'onde
4.5mm, permettra de valider et de qualifier le système dans le
proche infrarouge. Il réutilise deux enceintes cryogéniques
du laboratoire (BETI et YACADIRE) ; ces deux enceintes permettent de refroidir
indépendamment le masque de phase et le détecteur (détecteur
provenant du spectromètre infrarouge haute-résolution VIRTIS
de la sonde ROSETTA). Ainsi, le comportement du masque de phase pourra
être testé entre la température ambiante et 40K.
Banc infrarouge Calendrier : fin 2003.
Ce dernier banc sera la version de qualification du coronographe. De mise
en uvre beaucoup plus lourde il fonctionnera à la température
et la gamme spectrale nominales de l'instrument MIRI (bande passante jusqu'à
15microns et température de 7K)
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Ecran
thermique
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Barillet
du filtre
4QPM à tester,
filtre au centre, refroidi à 40 K
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Montage
dans l'enceinte BETI
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